Tuesday, March 2, 2010

Bowenwood

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Quelques semaines avant notre départ, voulant nous baigner dans la culture australe, nous nous sommes rendus à la bibliothèque municipale pour nous procurer une panoplie d’œuvres à saveurs australiennes. Des livres parlant de la culture aborigène, un album instrumental aux sons de didgeridoo, des contes pour enfants ayant pour protagoniste un opossum maladroit et bien sûr, le classique, Crocodile Dundee pour ne nommer que ceux-là. Tous aussi pertinent les uns les autres. Par contre, un film, « Australie » mettant en vedette Wolverine et la toujours séduisante Nicole Kidman (rrrrwoinw!) est ressorti du peloton par son élégance d’image et son histoire envoutante (et son absence totale de référence au Vegemite).

Quelle ne fut pas notre surprise lorsque sur notre chemin vers le Nord, nous avons croisé le village de Bowen, lieu principal de tournage du long-métrage Australie, il y a de cela 18 mois. À y croire les dépliants débordant du centre d’information touristique de Bowen (lieu de résidence de la glorieuse Mangue Géante), ce qui fut jadis un petit village sans histoire s’est vu transformé du jour au lendemain en métropole du cinéma australien depuis la venue des grandes vedettes américaines pendant six brèves semaines en hiver 2008. À un point tel que le conseil municipal a jugé bon d’inscrire en lettres géantes « BOWENWOOD » sur le réservoir d’eau du village, question d’assurer à Bowen le rôle de Mecque du 7e art et pour convaincre d’autres mégaproductions à venir tourner dans la glorieuse cité où tout est possible.

Un an et demi plus tard, Stéphanie et moi déambulons les rues sous une pluie battante, cherchant sans succès une auberge de jeunesse qui pourrait nous héberger. Vous pourriez croire que ce sont toutes ces vedettes hollywoodiennes qui occupent toutes les chambres de la ville qui nous empêchent de trouver un lit sec pour la nuit, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Ce sont plutôt une série de planches de bois barricadant les fenêtres et des pancartes « fermé » qui prolongent notre présence sous la pluie.

Voyez-vous, Bowen n’a pas reçu le retour sur son investissement qu’il aurait souhaité de l’aventure appelée « Australie ». Bien sûr, les vedettes ont pris toutes les photos promotionnelles possibles, fait la Une des journaux locaux lorsqu’ils visitaient un restaurant plutôt qu’un autre, posant avec le propriétaire, un steak en main, mais reste qu’une fois les caméras reparties, tout ce qu’il demeure à Bowen est une série de pancartes promotionnelles à la marina et des amas de sable rouge qu’Hollywood à oublié de ramasser et qui traînent encore ici et là, presque deux ans plus tard.

Ayant fini par trouver une auberge voulant nous accueillir (et qui semble avoir ouvert ses portes exclusivement pour nous ce soir-là), nous sommes couchés dans une chambre sentant l’humidité. Nous regardons une petite télévision de 15 pouces qui projette les images de Gran Torino (Clint Eastwood en grande forme pour ses 79ans) et de Strictly Ballroom, car il faut bien encourager le cinéma australien après tout. Pendant 4 heures, nous sommes ailleurs. Les films ont la capacité de transporter le spectateur dans une réalité complètement différente de celle à laquelle il est habitué. Il est facile de voir comment les habitants de Bowen ont pu s’y prendre au jeu et à croire qu’eux aussi auraient droit à une fin parfaitement heureuse. Mais ça n’arrive qu’à BowenWood. Je veux dire, Hollywood…

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